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Communiqué du LEF : Journée historique pour les droits des femmes : la France choisit l’abolition du système prostitutionnel !

Le vote de l’Assemblée nationale française ouvre aujourd’hui une nouvelle page dans l’histoire des victoires historiques pour les associations humanistes et féministes : en adoptant la loi visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées, la France réaffirme des valeurs essentielles pour l’égalité femmes-hommes, la dignité et la solidarité. Et se positionne du côté des personnes prostituées, en reconnaissant le système qui les exploite comme violence et obstacle à la dignité humaine.

« Aujourd’hui est une date historique parce que la France montre le chemin que nous voulons voir en Europe. L’égalité passe par l’abolition du système prostitutionnel et de son cortège de violences, ainsi que de l’exploitation et la traite qu’il encourage ! », Viviane Teitelbaum, présidente du Lobby européen des femmes (LEF).

Après la Suède, la Norvège et l’Islande, la France s’engage dans la voie de l’abolitionnisme, qui vise à changer les mentalités sur la prostitution et mettre fin à cette violence. La loi française s’articule autour d’une série de mesures : soutenir et protéger les personnes prostituées et abroger toute répression envers elles, condamner toute forme de proxénétisme et de traite, développer des alternatives réelles et des programmes de sorties pour les personnes prostituées, responsabiliser les clients au travers d’une amende, et prévenir la prostitution par des mesures d’éducation et de sensibilisation.

« Je me réjouis de l’adoption d’une telle loi en France, qui pose les bases d’une reconnaissance effective du statut de victime des personnes prostituées et leur donne les moyens de sortir de ce système. En effet, il s’agit ici d’une étape importante dans cette lutte pour la dignité, l’égalité entre les sexes et le respect des droits humains », Nathalie Griesbeck, eurodéputée (ALDE/MoDem).

Le LEF tient à saluer le travail des associations françaises, réunies au sein du collectif Abolition2012, qui ont su montrer la réalité de la prostitution et son impact sur la société et les personnes prostituées elles-mêmes. La parole des survivantes a joué un rôle important dans le débat de société en France. Le soutien transpartisan à la loi Olivier montre la force des valeurs qui sous-tendent l’abolition : poser les bases d’une société libérée de l’oppression de l’industrie du sexe et de la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle.

« L’adoption de cette loi marque une avancée forte dans la lutte contre la traite internationale des femmes et des enfants : elle doit permettre de mieux faire entendre au niveau européen celles et ceux qui soutiennent l’idée selon laquelle la prostitution constitue une forme de violence faite aux femmes et ne fait qu’accroître l’arrivée de femmes victimes de trafic et exploitées à des fins sexuelles, aussi je me félicite que la France marque avec force son engagement dans ce combat », Sylvie Guillaume, eurodéputée (S&D/PS).

« Il est tout à fait fondamental de supprimer les mesures répressives à l’encontre des personnes prostituées, qui sont avant tout des victimes, de condamner toutes formes de proxénétisme, d’exploitation sexuelle, de traite d’êtres humains, d’interdire tout achat d’un acte sexuel, c’est-à-dire de toute marchandisation du corps humain, tout particulièrement celui des femmes et des enfants. Il s’agit là d’un combat pour la dignité humaine », Constance Le Grip, eurodéputée (PPE/LR).

En février 2014, le Parlement européen avait adopté une résolution promouvant le modèle abolitionniste (résolution Honeyball). Le LEF espère que ce précédent européen, ainsi que le choix courageux et audacieux des député-e-s français-e-s, seront une source d’inspiration pour d’autres pays en Europe, pour que l’égalité femmes-hommes devienne une réalité pour toutes les femmes.

 

Plus d’information :

www.womenlobby.org

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